Signets

Incursions chez des gens de parole

 

Des outils du pouvoir

« ... la compétition, la normalisation et l'injustice (...) sont les outils de ceux qui s'agrippent désespérement à leur pouvoir, sachant que la masse critique s'en vient les renverser. »

Stéphanie Demers

Libellés : , ,

Le vote de la méfiance

Comment interpréter les résultats du vote d'hier au Québec? Selon Élections Canada : 38,9 % des Québécois n'ont pas voté et 23,3 % (38,1 % de ceux qui ont voté) ont choisi le Bloc Québécois. C'est donc 62,2 % des 'ayant droit de vote' qui n'ont pas voté Canada. Ces chiffres, selon moi, montrent bien notre méfiance collective envers les partis politiques canadiens quant à leur volonté et quant à leur capacité de respecter les aspirations des Québécois manifestées lors des deux référendums, d'être intégrés à part entière dans la fédération canadienne.

Mais il y a bien d'autres réactions aux résultats de ces élections...

Stéphanie Demers : « ... la grande nouvelle de ces élections est l'apathie électorale. Nous n'avons pas franchi les 60 % de participation. [...] Mais comme je suis optimiste (naïve ?), je vois aussi les brèches. Je vois les ouvriers des territoires des secteurs primaires et industriels de l'Ontario et de la Colombie-Britannique résister aux mécanismes de leur exploitation. Pourquoi n'est-ce pas un enjeu au Québec ? La question nationale a-t-elle obnubilé la question des disparités ? Les croyons-nous encore liées, dans nos sensibilités de peuple longtemps traité comme citoyens de seconde classe ? »

Morgane (en commentaire) : « C'est peut-être tordu comme vision, mais l'actuel gouvernement minoritaire va agir à la façon d'un majoritaire et aucun parti ne se mouillera pour l'empêcher en ce sens. Surtout pas de nouvelles élections ! Ce qui, d'une façon ou d'une autre, se traduira par une perte considérable de nos acquis sociaux et culturels. Et aucune possibilité d'en vouloir au Canada dans son ensemble et de s'opposer à une culture canadienne différente de celle du Québec, puisqu'il ne s'agit que de l'opinion d'une partie de la population. »

Joseph Facal : « ... de deux choses l’une : en votant à répétition pour le Bloc, ou bien les Québécois se montrent collectivement incapables de lire correctement leurs intérêts depuis plus de quinze ans, ou alors ils sanctionnent l’incapacité des partis fédéralistes à répondre à leurs aspirations. La première hypothèse est une manière polie de les traiter d’imbéciles. La deuxième est une autre façon de dire que la question nationale du Québec demeure un problème qui attend sa solution. Si tant de Québécois votent pour le Bloc, c’est parce qu’ils sont mal à l’aise dans le Canada d’aujourd’hui. Oui, le Québec est plus isolé que jamais. Et oui, la situation du Bloc est franchement bizarre. Mais il ne faut pas confondre la cause de la maladie avec ses symptômes. »

Michel Dumais : « Ce qui m'attriste le plus dans cette élection, c'est le taux de participation. Ou plutôt, le taux de non-participation. 42% de canadiens se sont abstenus de voter. 58% de taux de participation. 6 points sous le seuil historique de 64%. Ça me tue. Que personne ne vienne me dire qu'il y a un gagnant ce soir, quelle que soit son allégeance politique. Avec 58% comme taux de participation, nous sommes tous collectivement perdants. »

Jacques Ducharme : « Allons-nous vers une glaciation politique? Deux "minoritaires' de suite et je pense à la souplesse du "triumvirat"... Subirons-nous un méchant mélange d'ambitions personnelles tel Pompée, César et Crassus, d'il y a? L'altruisme des gens sensés et de pouvoir imiteront-ils Octave, Antoine et Lépide? L'homme étant l'homme, je n'ai pas beaucoup d'assurance sur l'avenir. « Mon » Canada est simplement souffrant.

Dave Pollard : « Such a colossal waste of energy, time and money ($300 million, just to run the election). The fact that the turnout was a record low really says it all. It really shows how dysfunctional our electoral system is. And the fact that Canadians fell for Harper's Bush-inspired character assassination of the Liberal leader, and Harper's falsely smearing the idea of a carbon tax as an "additional tax burden" (the scheme is revenue neutral and would only punish polluters and gas gulpers) was really disappointing -- it demonstrated how depressingly effective negative, dumbed-down campaign advertising can be. Ugh. Here we are, again, in the same place. »

Mario Asselin : « ... en regardant de plus proche le fait que 40,9% des électeurs ne soient pas allés voter je me suis posé une question: «À quand une campagne électorale où les politiciens se promèneront d’assemblée en assemblée pour écouter et échanger, davantage que pour parler et demander d’écouter?» Ça n’arrivera pas de sitôt. Ce n’est pas dans les moeurs. Tout comme ce n’est pas dans les moeurs en enseignement encore. C’est comique d’ailleurs, parce que le taux de décrochage et le taux d’abstention ont l’air d’évoluer pas mal dans le même sens. Mais bon, ça doit être un hasard… (...) Je crois vraiment aujourd’hui, qu’au moins 40,9% des électeurs en ont ras le pompon d’écouter et qu’il y en a bien davantage qui aimeraient plus d’échanges, voire que les politiciens se la ferment un peu plus! »

Libellés : , , , , , , ,

Il y a pourtant des pistes de solutions...

Voici de quoi alimenter la réflexion des responsables des prochaines négociations...

« ... le système scolaire « pète par les deux bouts » actuellement et à force de vouloir traiter tout le monde de la même façon (confondant « pareillement » avec « équitablement ») on échappe de plus en plus de monde.

Les jeunes des milieux défavorisés, évidemment, qui ont droit plus que tous les autres au soutien de l'État.

Mais aussi les plus privilégiés, qui ne se retrouvent plus aussi bien dans l'école et dont le décrochage (effectif ou affectif) appauvrit/affaiblit encore plus l'école.

Je suis de plus en plus convaincu qu'avoir le courage d'aborder tout cela implique obligatoirement la remise en question de l'uniformité de traitement des élèves. Remettre en question les programmes c'est une chose; faire la même chose avec le financement c'en est une autre (nécessaire!)... mais il faut aller encore plus loin et admettre que tous les enfants n'ont pas besoin du même temps de présence des profs, des mêmes services, etc.

Il faut remettre en question le dogme du 100% des élèves 100% du temps avec un prof. Je pense qu'à partir de là... un paquet de choses se simplifieraient presque jusqu'à se régler d'elles-mêmes...) »

Clément Laberge (en commentaire)


« Et si on partait des intérêts des élèves ? Si on leur demandait quels étaient leurs impératifs ? Si on ne les prenait pas tous pour des cruches? J’ai travaillé avec les jeunes du cheminement particulier au PEI, en passant par le régulier. Ensemble, nous avons questionné les mérites du boycott, la pertinence du féminisme, les fondements du souverainisme, les violations des droits de la personne, la propagande dans la publicité, les écarts des classes sociales, la mondialisation. Ils m’ont apporté de la musique qui les touchait et nous avons exploré pourquoi. Nous avons parlé des conflits au sujet de l’agenda, de la suspension du conseil étudiant. Nous avons lu la loi sur l’instruction publique, les chartes de droits, pour répondre à nos questions ! Ils sont tous autant motivés à poser de profondes questions sur leur monde. Pourquoi ne pas leur en donner la chance ? Pourquoi l’école a si peur de donner un pouvoir de décision aux élèves ? Les enseignants qui savent parler aux élèves vous diront qu’ils sont préoccupés par la pauvreté, la solidarité internationale, la guerre, les droits fondamentaux, l’environnement, les relations avec leurs parents, l’intergénérationnel, l’économie, etc. Tout ce dont un citoyen éclairé devrait avoir comme préoccupation. N’est-ce pas là la finalité de l’école ? »

Stéphanie Demers (en commentaire)


« Ne serait-il pas envisageable d'instaurer un système d'affectation par lequel, pendant les 2 ou 3 premières années d'enseignement, tout nouvel enseignant, indépendamment de son ancienneté se verrait confié un poste régulier de manière à pouvoir vraiment enseigner évitant ainsi d’être contraint à tenir le temps ou à jouer au préfet discipline, ce qu'ils n'osent probablement pas faire fréquemment en raison de leur manque évident et compréhensible de confiance en eux... " Comment la direction de cette école – que je ne connais même pas — réagira-t-elle face à mon incapacité à gérer la discipline au sein de ce groupe d'élèves turbulents ? Serais-je réengagé si je dérange trop fréquemment monsieur le directeur ou madame la directrice ? "

Ces postes qui leurs seraient confiés ne devraient, à tout le moins, pas comporter de groupes d'élèves jugés « difficiles ». De surcroît, ces jeunes gens devraient pouvoir être jumelés à des enseignants chevronnés qui assureraient ainsi une forme de coaching et auxquels ils pourraient systématiquement et facilement référer en cas de doute ou de difficultés. »

Robert Larochelle (en commentaire)


« ... l'école c'est aussi les enfants qui sont dedans et les promesses qu'on leur a fait et qu'on n'a pas tenues. Parce que l'école de ceux qui ont besoin de l'école pour se sortir de la misère, c'est à d'autres qu'on l'offre. Trop souvent, au lieu d'offrir à ces enfants les meilleurs éducateurs et à ces éducateurs, les meilleures conditions d'exercice possible, au lieu de ça on organise des clubs de déjeuners, on propose des travailleurs sociaux, des plans d'action, et tout ce que l'industrie de la pauvreté a à offrir. Toutes sortes de monde qui viennent dans les écoles faire toutes sortes de job qui n'ont rien à voir avec la job de l'école.

J'aime mieux croire que tout ça c'est juste le résultat d'un non-projet de société, que ce n'en n'est pas un en soi. »

Michel Le Neuf (en commentaire)

Libellés : , , , , ,

Powered by Blogger